Les « craquements » en chiropratique : qu’est-ce que c’est, est-ce nécessaire, et quelles sont les alternatives?

Qu’est-ce que le craquement qu’on entend ou ressent?

Dans beaucoup de cas, le “pop” vient d’un phénomène normal appelé cavitation dans une articulation (comme un joint “synovial”, un peu comme les articulations des doigts).

Quand on applique une mobilisation rapide ou un mouvement précis, la pression à l’intérieur de l’articulation change et cela peut créer une petite cavité/bulle de gaz dans le liquide articulaire—ce qui produit le son. Des images en temps réel (IRM) ont même permis de visualiser ce phénomène.

Important : le bruit n’est pas “un os qui se remet en place”, et ce n’est pas un signe que “c’était déplacé” ou que “le traitement a fonctionné”.

Est-ce que c’est nécessaire pour que le traitement fonctionne?

Non.

Les données suggèrent que la présence ou l’absence du “pop” n’est pas déterminante pour l’amélioration de la douleur.

En d’autres mots : on peut obtenir d’aussi bons résultats sans craquement.

Est-ce dangereux si ça craque?

Un craquement en soi n’est pas un indicateur de danger : c’est le plus souvent un phénomène mécanique normal. Cela dit, en clinique, l’objectif n’est pas de “faire craquer”, mais de choisir la bonne technique selon :

  • votre condition

  • votre tolérance / vos préférences

  • l’examen clinique et les facteurs de sécurité

Et si je ne veux pas de craquement? (Oui, il y a des alternatives.)

Absolument. Il existe plusieurs approches plus douces ou sans thrust qui sont autant efficaces, par exemple :

  • Instrument (ex. Activator®) : impulsion précise, faible force, souvent sans craquement. Les revues cliniques rapportent des bénéfices possibles comparables, selon les cas, à des approches manuelles.

  • Mobilisations articulaires douces : mouvements lents/rythmés pour améliorer la mobilité et moduler la douleur.

  • Tables avec leviers mécaniques (ex. techniques de type flexion-distraction / tables spécialisées avec drop) : approche progressive, souvent très confortable, particulièrement utilisée en région lombaire.

  • Techniques myofasciales / travail des tissus mous, relâchement, points gâchettes, etc.

  • Exercices et rééducation fonctionnelle : pour stabiliser, renforcer, améliorer la tolérance au mouvement (souvent un pilier du plan de soins).

On peut aussi adapter la vitesse, l’amplitude, la position, et la stratégie de traitement pour respecter vos limites.

Ce que nous clarifions avec nos patients

  • Le craquement peut arriver… ou pas. Les deux sont corrects.

  • On traite une personne, pas un bruit.

  • Votre confort compte : vous pouvez me dire dès le départ “je préfère sans craquement”, et on choisit une approche qui vous convient.